TRENTE ANS APRES SA MORT, LE 16 SEPTEMBRE 1977, LA DIVA CHANTE ENCORE DANS LE COEUR DU PUBLIC. SA VOIX, SES AMOURS,SES CHAGRINS ET SES CAPRICES ON FAIT D'ELLE UNE VERITABLE LEGENDE.

TRENTE ANS APRES SA MORT, LE 16 SEPTEMBRE 1977, LA DIVA CHANTE ENCORE DANS LE COEUR DU PUBLIC. SA VOIX, SES AMOURS,SES CHAGRINS ET SES CAPRICES ON FAIT D'ELLE UNE VERITABLE LEGENDE.
Francesco Siciliani, directeur artistique de la Scala de Milan de 1957 à 1966, assura drôlement à Pierre Desgraupes, dans une interview, qu'il rêvait de découper la gorge de Maria Callas pour voir ce qu'il y avait dedans. Mystère des harmoniques exceptionnellement riches. Janine Reiss, qui fut sa répétitrice – comme d'à peu près toute la planète lyrique –, et Georges Prêtre, le grand maestro qui l'accompagna, ont le même mot pour évoquer sa voix : le timbre, d'abord. Un timbre troublant, sensuel, qui se reconnaît d'emblée. Mais en rien une voix du bon Dieu : autour de ce don, un travail féroce, une boulimie d'apprendre tout ce qui pouvait l'éclairer.


UNE VOIX QUI S'OUVRE A L'AIR DU BEL CANTO=> jusqu'alors, cet art triomphant dans le premier tiers du XIXe siècle, que les clameurs verdiennes et wagnériennes avaient effacé, n'avait survécu que chargé d'ornements faits pour mettre en valeur les interprètes. Callas en retrouva la souplesse et l'âme inquiète. En cela, sa Norma fut une véritable résurrection. Janine Reiss se souvient : «Un jour que nous travaillions la cadence finale d'Anna Bolena, je m'étonnais de ne l'avoir jamais entendue ainsi. “Mais, dit Maria, c'est juste que je la chante comme elle est écrite.” »


Une voix qui raconte, mais avec une sobriété qu'on n'évoque pas assez, tant le résultat semble riche. Que coule la voix de Dalila dans l'opéra de Saint-Saëns, et ce sont blés mûrs ondulant


au soleil, houle d'été qui frémissent dans la musique. Avant d'aborder un rôle, elle en lisait sans fin le texte, pour ne pas trop laisser le chant l'emporter.


UNE VOIX AREREE=>qui épure sans assécher, rendant leur vérité à tous les styles abordés :


qu'elle cisèle le fameux « cependant » de Manon dans le touchant « Adieu, notre petite table »,


de Massenet, et c'est toute la mélodie française qui délivre son charme ténu et distingué.


UNE VOIX QUI S'ECOULE IDEALEMENT DANS LA MUSIQUE=> « Elle qui voyait si mal, dit Prêtre, avait une manière inouïe de se glisser dans la phrase que je lui préparais. » Seul la portait le respect absolu des volontés du compositeur : une obsession, dit Janine Reiss, qui lui faisait déplorer de ne jamais faire de musique contemporaine : « Ainsi jamais je ne saurai si le compositeur est content. »


ET LA FUSION LA PLUS TOTALE AVEC LE DRAME=> jamais de poudre aux yeux, jamais elle ne prit soin de sa voix, juste occupée à la faire servir. Mais la vérité brûle bien plus que les effets : elle l'a payé. Elle fut mieux que les autres, sûrement, mais surtout autre, et c'est bien davantage.

# Posté le dimanche 09 septembre 2007 11:04

Modifié le dimanche 09 septembre 2007 11:42

[][][]LA GRANDE MARIA CALLAS [][][]

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BIOGRAPHIE →


MARIA CALLAS qui s'appelle en realité Ánna María Kekilía Sofía Kalogeropoúlou est née à New York, le 2 décembre 1923, de parents Grec émigré. En 1929, les parents de Maria simplifient leur nom. Ils s'appellent à persent: Cállas. Bien que son père dirige une pharmacie dans le quartier grec de Manhattan, la famille mène une vie modeste.. En 1937, lea parents de Maria se separent, et la mere de celle-ci retourne habiter en Grèce, à Athènes avec ses deux filles.
A l'age de 15ans, elle entre au Conservatoire National et y étudie le piano, puis le chant. Elle fut l'élève de Maria Trivela puis de Elvira de Hidalgo, qui sera également sa confidente,au Conservatoire d'Athènes. Elle débute à 17 ans dans Boccace de Franz von Suppé puis sa carrière prend un tournant décisif lorsqu'elle rencontre le chef d'orchestre italien Tullio Serafin, qui lui offre La Gioconda de Ponchielli aux arènes de Vérone en 1947. C'est lui qui fera de María La Callas.
C'est en 1949, qu'elle épouse à Vérone, le patron d'une entreprise de briques et féru d'opéra, Giovanni Battista Meneghini. En juin 1959, elle rencontre l'homme qui bouleversera toute sa vie, Aristote Onássis, homme d'affaire fortuné. C'est en 1959 qu'elle deviendra sa maîtresse et c'est pour vivre pleinement ce nouvel amour qu'elle divorcera d'avec son époux avec grand fracas en octobre de la même année. Malheureusement pour elle, Onássis épousera Jacqueline Kennedy le 20 octobre 1968, ce que María considérera comme une trahison. Un enfant, Omerio Langrini, naîtra de leur liaison : né prématurément à Milan, il mourra quelques heures après sa naissance.
Entourée des plus remarquables artistes du siècle (Mario Del Monaco, Giuseppe Di Stefano, Boris Christoff, Georges Prêtre, etc.), María Cállas se produit sur les plus grandes scènes du monde (New York, Londres, Paris, Milan, Venise, Rome, Buenos Aires, Mexico) mais fait aussi la une des journaux tant par son caractère difficile que par sa rivalité mémorable avec Renata Tebaldi et ses querelles avec des directeurs d'opéra, dont celui de la Scala, Ghiringelli, ce qui lui vaudra d'être écartée de la Scala de Milan.
Retirée de la scène à partir de 1965, elle se consacre à l'enseignement et aux récitals, subissant de nombreux ennuis de santé. En 1971-1972, elle se consacre ainsi à la direction de Master classes de chant à la Juilliard School de New York au cours desquelles elle prend soin d'expliquer, de détailler et de raisonner tous les rôles abordés par ses étudiants.
En 1973, Giuseppe Di Stefano (célèbre ténor, bien plus qu'un simple ami à cette époque) lui propose de faire une tournée internationale de récitals dont le but est de collecter de l'argent pour financer le traitement médical de la fille du chanteur. La tournée est un succès sur le plan personnel, mais un échec sur le plan artistique.
À partir de 1974, elle s'enferme dans son appartement parisien, au 36 avenue Georges-Mandel, s'enfonçant dans la solitude et écoutant inlassablement ses enregistrements. La mort d'Aristote Onassis en 1975 achève de la murer dans sa solitude.
Épuisée moralement et physiquement, elle meurt d'une crise cardiaque le 16 septembre.


# Posté le dimanche 09 septembre 2007 10:56

Modifié le dimanche 09 septembre 2007 11:33